Dans l’un des hangars de L3Harris à Mirabel, on avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir les invités venus assister à la présentation de l’Aeris X. Développé à partir du jet d’affaires Global 6500 de Bombardier, c’est cet avion de surveillance que l’entreprise américaine aimerait voir sélectionné prochainement par Ottawa.Il faut dire que le jeu en vaut la chandelle.Le gouvernement fédéral devrait en effet dépenser plus de 5 milliards de dollars pour se doter de six avions de nouvelle génération équipés de radars et de capteurs ultrasophistiqués. Aujourd’hui, trois plateformes sont en lice pour décrocher le contrat. Deux sont développées à partir de l’avion d’affaire de Bombardier, l’Aeris X de L3Harris, et le GlobalEye de la suédoise Saab. La troisième est celle proposée par Boeing et son E-7 Wedgetail.Tandis que la livraison des premiers appareils est prévue pour 2037, peu de détails filtrent sur le moment où Ottawa fera son choix. Comme le Parti libéral du Canada s’y était engagé dans sa plateforme électorale de 2025, le gouvernement devrait cependant privilégier des avions fabriqués au pays. Ce qui n’a pas échappé à la direction de L3Harris.« L’Aeris X est un avion construit au Canada, équipé au Canada, et entretenu au Canada », avance d’entrée de jeu Jason Lambert, le président — renseignement, surveillance et reconnaissance de L3Harris. En marge du dévoilement de l’Aeris X, il reconnaît l’opération de communication dans laquelle s’est lancée L3Harris afin de forcer la décision d’Ottawa.« On est venu ici pour distribuer notre message, qui est de dire : nous pensons avoir le meilleur programme avec les meilleures solutions techniques et industrielles pour le Canada, notamment en ce qui concerne l’interopérabilité avec les F-35, mais aussi en matière de création d’emplois, de partenariats à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement », explique en entrevue M. Lambert.Plus de 1100 emplois créés au CanadaParmi les arguments de poids mis de l’avant par L3Harris pour vanter les mérites du programme de son avion de surveillance, les promesses de retombées économiques majeures occupent une place de choix. Alors que l’entreprise compte déjà environ 3000 employés au Canada, si Ottawa choisit d’aller de l’avant avec l’Aeris X, c’est 1100 emplois qui seront créés partout au pays. Mirabel étant déjà le pôle principal de L3Harris au Canada, ce sont donc des centaines d’emplois qui pourraient être créés localement.L3Harris a mandaté l’entreprise d’audit Deloitte pour réaliser ces estimations, dont les conclusions seront dévoilées officiellement dans les prochaines semaines.