Monde EuropeGuerre en UkraineInterview. Vladimir Poutine recycle dans l’armée tous les "indésirables", explique l’économiste dans une note pour l’Ifri, dont L’Express a eu la primeur. Un business de la mort devenu le principal moteur de la croissance. Publié le 04/02/2026 à 05:45, mis à jour le 05/02/2026 à 16:52bookmarkLe président russe Vladimir Poutine préside une réunion au Kremlin sur la guerre en Ukraine, le 29 décembre 2025.Sputnik/Mikhail Metzel/Pool via REUTERSC'est un sinistre business model, dont l'ingénieur en chef s'appelle Vladimir Poutine : dans la Russie d'aujourd'hui, mourir est plus rentable que vivre. "Dans une région russe au niveau de vie moyen, une personne qui s’engage dans l’armée, combat pendant un an et est tuée au front — avec toutes les preuves administratives requises — fait gagner à sa famille une somme qu’elle n’aurait jamais pu accumuler en quinze ou vingt ans de travail", décrit l'économiste russe Vladislav Inozemtsev dans une note passionnante pour l'Institut français des relations internationales (Ifri), dont L'Express a eu la primeur. "Au royaume de Poutine, la mort devient ainsi le moyen le plus rentable, sur le plan économique, de tirer profit de sa propre vie", écrit-il dans cette étude qui sera publiée le 9 février. Inozemtsev appelle cela "l'économie de la mort", devenue le principal moteur de la croissance grâce à la relance de la consommation permise par cet afflux d'argent. Poutine y voit un autre avantage, et non des moindres : il "recycle" au front tous les indésirables de la société. Le président russe le sait : il n'a aucun intérêt à arrêter cette guerre. "Pour Poutine, la fin de ce conflit serait le début des ennuis", avance Inozemtsev.