La tension était palpable ce samedi 16 mai dans la capitale britannique, qui accueillait deux grandes manifestations, l’une anti-immigration, l’autre pro-palestinienne. Dans le même temps, se tenait la finale de la FA Cup, opposant Chelsea à Manchester City.D’un côté, il y avait “Unite the Kingdom”, organisée par l’activiste britannique d’extrême droite, Tommy Robinson, de l’autre, une marche pro-palestinienne pour commémorer le 78e anniversaire de la Nakba.Deux manifestations que tout oppose, mais pour éviter le pire, le dispositif décidé par le gouvernement a permis de faire en sorte que les groupes de manifestants ne se croisent pas, les premiers défilant dans le centre de Londres près du Parlement, et les seconds entre South Kensington dans l’ouest de la ville au Pall Mall, près de Buckingham Place, avec une zone tampon à Trafalgar Square.Un large dispositif de reconnaissance faciale avait aussi été déployé près de la gare de King’s Cross, d’où arrivaient de nombreux participants pour la marche anti-immigration et 4 000 policiers, un record, ont été dépêchés pour maintenir l’ordre lors de ces manifestations, sans compter la sécurité lors de la finale de la FA Cup, qui se tenait à Wembley dans le nord-ouest de la capitale, où 80 000 fans de Chelsea et Manchester City étaient attendus.Merci Elon, au nom de la Grande-Bretagne »Au fil de l’après-midi, la police a estimé à 60 000 le nombre de participants à la manifestation anti-immigration, où flottaient autant de drapeaux britanniques, mais aussi des drapeaux israéliens et même des drapeaux iraniens pré-Révolution. Une participation élevée, qui comptait des groupes comme Patriotic Alternative, des anciens du British National Party, White Vanguard, un groupe néonazi, et même la Française Alice Cordier du Collectif Nemesis, mais moindre que lors de la mobilisation de septembre dernier, qui avait réuni plus de 100 000 personnes.Après leur défilé, les discours des différents invités (certains influenceurs d’extrême droite américains et européens mais aussi un député polonais se sont vus bloquer leur demande d’entrée au Royaume-Uni) se sont enchaînés sur la scène près de Parliament Square. Des discours centrés sur la question migratoire, avec en ligne de mire la traversée des bateaux dans la Manche, mais aussi la rechristianisation du Royaume-Uni.Lors de sa prise de parole, Tommy Robinson a tenu à remercier le milliardaire américain Elon Musk. « Rien de tout cela ne se serait produit sans un seul homme. Merci Elon, au nom de la Grande-Bretagne », a alors déclaré l’ancien chef du mouvement English Defence. En septembre dernier, Elon Musk était apparu par visioconférence, exhortant la foule à « riposter ou mourir » et appelant à un changement de gouvernement en Grande-Bretagne.L’activiste d’extrême droite a d’ailleurs exhorté la foule, qui scandait des slogans anti-Keir Starmer, à s’engager en politique et même à rejoindre un parti, que ce soit Reform UK ou les Conservateurs. « Êtes-vous prêts pour le combat pour l’avenir de la Grande-Bretagne ? En 2029, nous aurons des élections. C’est le moment le plus important de notre génération. Si nous n’envoyons pas un message lors des prochaines élections, si vous ne vous inscrivez pas sur les listes électorales, si vous ne vous engagez pas, si vous ne devenez pas des militants, nous perdrons notre pays à jamais. »Keir Starmer sous pressionLa marche pro-palestinienne a quant à elle beaucoup moins mobilisé de son côté, puisque les forces de l’ordre ont estimé la participation entre 15 000 à 20 000 personnes. Plusieurs députés travaillistes ont pris la parole pour dénoncer eux aussi la politique du Premier ministre. L’ancien chef du parti, Jeremy Corbyn, a déclaré que Westminster avait besoin d’un changement de « politique », et non de « personnalités ». « Seule une réforme des politiques économiques, sociales et internationales peut changer la donne – c’est ce qui nous unit. »Depuis la débâcle des travaillistes lors des élections locales, le chef du gouvernement est sous pression. S’il a annoncé qu’il ne démissionnerait pas, ses concurrents à la tête du parti sont de plus en plus nombreux. Pendant les manifestations, son ancien ministre de la Santé, Wes Streeting, a annoncé qu’il se présenterait comme candidat si un vote sur la direction du parti était déclenché.Lors de cette journée, les regards étaient aussi tournés vers la finale de la FA Cup, qui opposait Chelsea à Manchester City au stade de Wembley. Plus de 80 000 supporters étaient attendus, avec quelques inquiétudes sur le comportement de certains, mais aucun débordement n’a été reporté par la police. Au total, 31 personnes ont été arrêtées à l’issue de deux mobilisations.
À Londres, près de 100 000 personnes dans les rues pour deux marches que tout oppose
La tension était palpable ce samedi 16 mai dans la capitale britannique, qui accueillait deux grandes manifestations, l’une anti-immigration, l’autre pro-palestinienne. Dans le même temps, se tenait la finale de la FA Cup, opposant Chelsea à Manchester City.










