Qui est Laarm de Ploers ? Une artiste iconoclaste fictive dont certaines œuvres vont jusqu’à inciter à l’assassinat des dirigeants et à provoquer un déferlement de suicides. La satire décapante du monde du théâtre (et plus généralement de la culture) concoctée par Christian Lapointe partage un bon nombre de considérations sous-jacentes avec Use et abuse, cocréée l’an dernier avec Alix Dufresne. On y retrouve notamment l’asservissement des créateurs aux diktats mercantiles de l’industrie culturelle ainsi qu’à ceux bien-pensants des gouvernements, exigeant ici des spectacles qu’ils aient une portée sociale. Ce musellement et ce formatage dénatureraient en soi le geste artistique.Or, qui lira Laarm de Ploers, publiée chez Herbes rouges au début du mois d’avril, se demandera sans doute comment ce texte peut prendre vie sur scène. Parce que sa structure, soit une succession de plusieurs formes (des extraits d’un scénario, une critique, des listes, un livre inachevé inclus dans la pièce…) semble se prêter davantage au format livresque qu’aux planches. En l’occurrence, l’auteur, qui signe aussi la mise en scène du spectacle, a opté pour différentes stratégies, dont certaines s’avèrent plus heureuses que d’autres. D’abord, des parties du texte ne sont tout simplement pas intégrées à la production. Ensuite, un exemplaire de l’ouvrage est prêté à chaque spectateur, qui est invité, à différents moments de la représentation, à en lire par lui-même des passages, un procédé qui ne se révèle véritablement efficace que lorsque ceux-ci sont courts.
«Laarm de Ploers»: troublante allégorie
Christian Lapointe pose un regard acéré sur l’univers de la création artistique.








