Manifestation devant le pavillon russe, démission du jury, boycottage du ministre italien de la Culture : la 61e édition de la Biennale d’art de Venise a ouvert ses portes mercredi en avant-première à la presse dans un climat rendu inflammable par le retour de la Russie, absente depuis 2022.Le visage recouvert d’une cagoule rose ou dévoilant leur poitrine, les membres du groupe russe Pussy Riot et du collectif féministe ukrainien Femen ont organisé leur toute première action commune devant le pavillon russe, mercredi matin, au début des visites réservées à la presse.« Nous sommes ici pour rappeler que la seule culture russe, le seul art russe aujourd’hui, c’est le sang », a lancé aux journalistes Inna Shevchenko, figure de proue des Femen. « Ce pavillon se dresse sur des fosses communes ukrainiennes », a-t-elle dénoncé.En fin de journée, une dizaine de manifestants d’origine polonaise, dont des artistes, se sont réunis à leur tour devant le bâtiment vert construit en 1914 en scandant « la Russie est un État terroriste » et en déployant une banderole où l’on pouvait lire « Pas de fonds européens pour la Biennale organisée avec la Russie ».Un imposant cordon policier a été déployé aux abords du pavillon, dont les accès ont été momentanément fermés à plusieurs reprises en raison des manifestations.Depuis son annonce début mars, la participation de la Russie à la Biennale d’art, qui a lieu tous les deux ans dans la Cité des Doges, a suscité un tollé, en particulier au sein du gouvernement italien et de l’Union européenne, laquelle a menacé de supprimer une subvention de deux millions d’euros accordée à l’institution.