Les cols bleus de Montréal, qui viennent d’entamer une grève de trois jours, jugent « indécente » la hausse salariale de 11 % sur cinq ans offerte par la Ville. Ils rappellent que d’autres municipalités de l’île de Montréal ont accordé récemment à leurs cols bleus des augmentations de salaire de l’ordre de 21 % à 22,5 % sur six ans.« C’est sûr qu’on est en haut de 20 % […] Si on est capables d’avoir des ententes ailleurs, je ne vois pas pourquoi Montréal ne ferait pas la même chose », a lancé Jean-Pierre Lauzon, président du Syndicat des cols bleus regroupés de Montréal, mercredi matin.Le représentant des 5500 cols bleus de Montréal a rencontré les médias près d’une cour de voirie de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie. Derrière lui, des dizaines de travailleurs en grève manifestaient bruyamment avec des trompettes, de la musique et des pancartes. La circulation était bloquée.

Sans contrat de travail depuis le 31 décembre 2024, les cols bleus font la grève durant trois jours dans l’espoir d’en arriver à une entente avec l’administration de la mairesse Soraya Martinez Ferrada, arrivée au pouvoir en novembre dernier.Seuls les services liés à la sécurité des citoyens sont assurés durant l’arrêt de travail, comme la réfection de chaussées effondrées, l’élagage d’arbres tombés sur la voie publique, le remplacement de feux de circulation défectueux, l’approvisionnement en eau potable ou la prévention des inondations dues aux crues printanières.Les interdictions de stationnement liées au nettoyage des rues sont annulées durant la grève, faute de cols bleus pour conduire les balais mécaniques. Les Montréalais n’ont donc pas à déplacer leur voiture d’un côté à l’autre de la rue, entre mercredi et vendredi.La priorité de la Ville durant la grève « est d’assurer les services essentiels aux citoyens », indique le cabinet de la mairesse.« Depuis le début, nous négocions dans le respect avec nos employés tout en tenant compte de la capacité de payer des contribuables. Nous sommes satisfaits des progrès réalisés à ce jour et souhaitons poursuivre ce dialogue à la table des négociations, pas dans les médias. »