Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Kegham Djeghalian Jr M le mag M le mag Les portfolios de M Les portfolios de M Les portfolios de M Par Lucas Minisini Publié aujourd’hui à 06h00 Article réservé aux abonnés RécitRescapé du génocide arménien, Kegham Djeghalian s’installe à Gaza en 1944. Le photographe, mort en 1981, n’a cessé de documenter le territoire palestinien, mêlant portraits, événements officiels et reportages. Son petit-fils a choisi d’exposer à partir du 16 mai les images de moments ordinaires et joyeux, vestiges d’une enclave anéantie par deux ans de guerre. Les photos, en noir et blanc, montrent une bande de Gaza qui n’existe plus. Une grande famille pose lors d’un pique-nique, tout sourire, devant des dattes disposées sur une nappe blanche. Un homme en costume sombre fume le narguilé affalé dans le sable. Une équipe de volley-ball se rassemble devant le filet, à l’occasion d’un match. Une petite fille lit un magazine devant une boîte Kodak rangée dans une vitrine. Toutes ces images sont signées Kegham Djeghalian (1915-1981), fondateur du premier studio de l’enclave palestinienne, détruite à plus de 80 % après les deux ans de guerre menée par Israël, à la suite des massacres commis par le Hamas le 7 octobre 2023. Rescapé du génocide arménien, le photographe s’est installé dans le petit territoire côtier en 1944, quatre ans seulement avant la Nakba (la « catastrophe »), le déplacement forcé de plus de 700 000 Palestiniens lors de la création d’Israël en 1948. Il y a capturé aussi bien les mariages et les soirées dansantes que les visites de personnalités comme le révolutionnaire cubain Che Guevara, le premier ministre indien Jawaharlal Nehru ou le président égyptien Anouar El-Sadate. « Il a aussi immortalisé la visite de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir à Gaza, en 1967, raconte Kegham Djeghalian Jr, son petit-fils, 41 ans, qui vit entre Paris et Le Caire. Dès qu’il se passait quelque chose dans ce coin de Palestine, c’est mon grand-père qu’on appelait. » Volontairement non datés Son descendant est lui-même photographe et enseigne cet art à l’université du Caire, ainsi que le design visuel à l’Institut français de la mode, à Paris. Il a réuni ces images dans une exposition itinérante – elle est déjà passée par Le Caire, Genève ou Sharjah (Emirats arabes unis) – et sera visible à Marseille à partir du 16 mai. Il vous reste 62.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.