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EnquêteSans lui, de nombreux films français ne pourraient pas voir le jour. Mais le Centre national du cinéma et de l’image animée est aujourd’hui la cible d’attaques, qui pourraient signer la fin de cette institution vieille de bientôt 80 ans en cas d’arrivée au pouvoir du Rassemblement national.

C’est d’un demi-œil engourdi et vaguement dubitatif que Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national (RN) de la Somme, a commencé à suivre la 51e cérémonie des Césars, le 26 février : « J’ai arrêté de regarder les Césars en 2021, depuis l’inoubliable intervention du capitaine Marleau [interprété par Corinne Masiero, qui ce soir-là s’est mise toute nue sur scène pour soutenir les intermittents du spectacle]. Là, je me suis dit que l’entre-soi au sein du cinéma français avait encore passé un cap. »

Cette année, sa télé ronronnait jusqu’à l’instant fatal où Camille Cottin, vêtue, a vanté – « avec ce ton tellement surjoué, ça m’énerve ! », précise Jean-Philippe Tanguy – les mérites d’une institution française gravée dans le marbre depuis quatre-vingts ans, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). « Une de nos fiertés nationales, comme la gastronomie, la mode et la Sécurité sociale », a déclaré l’actrice.