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ReportagePrésente depuis longtemps dans cette ville frontalière du Mexique et peuplée à 80 % d’Hispaniques, l’agence de contrôle de l’immigration y a récemment intensifié son action et les arrestations. Elle a ouvert un centre de détention de 5 000 places dans la zone militaire voisine.

La cathédrale de la ville d’El Paso, dans l’Etat du Texas, est pleine, samedi 25 avril. L’évêque Mark Seitz célèbre les confirmations d’une trentaine d’adolescents, dans les deux langues parlées à El Paso, l’anglais et l’espagnol. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de monde réuni dans la cathédrale », dit en sortant Maria (tous les prénoms cités sans nom de famille ont été changés), une Américaine d’origine mexicaine.

Depuis quelques mois, les rues d’El Paso, ville installée à la frontière mexicaine, sont moins animées et les restaurants ferment plus tôt. « Les policiers de l’ICE [Immigration and Customs Enforcement, l’agence fédérale de contrôle de l’immigration] font des rafles depuis janvier, dans l’est de la ville, contre les ouvriers du bâtiment qui sont pour la plupart des sans-papiers, et au centre, dans les cuisines des restaurants, explique Marco, l’époux de Maria, qui a la double nationalité lui aussi. Résultat : les gens se terrent chez eux, certains ne vont même plus au travail, et encore moins à la messe. »