Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Biologie Biologie Biologie Une étude chez la souris montre que c’est le glucose qui donnerait le signal aux cellules précurseuses des oligodendrocytes, à l’origine de la gaine de myéline qui entoure les neurones, de se spécialiser. Article réservé aux abonnés Dans notre cerveau, les cellules gliales tiennent compagnie aux neurones. Ignorées pendant plus de cent ans, ces cellules cérébrales non excitables électriquement sont de plus en plus étudiées mais les détails de leurs fonctions et de leur développement gardent de larges zones d’ombre. Parmi elles, les oligodendrocytes sont capables de s’enrouler autour des prolongements des neurones, les axones, pour former une gaine de myéline qui améliore la conduction des signaux électriques et assure le soutien nutritionnel des neurones. La production de cette enveloppe repose sur la spécialisation des cellules progénitrices d’oligodendrocytes. Les signaux internes qui indiquent aux cellules progénitrices d’arrêter de se multiplier pour commencer à se spécialiser sont connus. Ils reposent en partie sur un marquage épigénétique des histones, des protéines autour desquelles l’ADN s’enroule pour se compacter pendant les divisions cellulaires. Cependant, Sarah Moyon, professeure en neurosciences à l’université d’Aix-Marseille et spécialiste des oligodendrocytes, précise qu’« on a encore beaucoup de mal à savoir quels facteurs environnementaux ou extracellulaires induisent ces changements dans la cellule ». Une étude publiée dans la revue Nature Neuroscience, le 30 avril, rapporte des résultats éclairants chez la souris. Une équipe américaine a en effet découvert qu’un sucre, le glucose, pourrait jouer un rôle de signal spatial et temporel pour guider le destin cellulaire des précurseurs d’oligodendrocytes, c’est-à-dire leur indiquer s’ils doivent continuer à se multiplier ou commencer à acquérir les caractéristiques myélinisantes des oligodendrocytes matures. D’après leurs observations, in vivo et en culture cellulaire, un fort apport en glucose serait corrélé à la prolifération des cellules progénitrices tandis que de faibles doses étaient plutôt associées à leur différenciation en oligodendrocytes. Brahim Nait-Oumesmar, directeur de recherche Inserm à l’Institut du cerveau de Paris, qui n’a pas participé à l’étude, insiste sur le rôle de la vascularisation dans le maintien des populations d’oligodendrocytes. En effet, c’est par le sang que le glucose arrive jusqu’au cerveau. L’irrigation de ce dernier, différente selon les périodes et les zones, jouerait donc un rôle dans ces processus, comme le suggère l’étude. Il vous reste 54.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.