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ReportageDepuis presque trente ans, les échecs s’enseignent sur l’île de Beauté dès le cours préparatoire et on y recense seize fois plus de licenciés que dans l’ensemble de la population française. A l’origine de cet engouement insulaire, un ancien meneur du Front de libération nationale corse, Léo Battesti.

Depuis lundi 11 mai, on entend les mouches voler au camping Golfo di Sogno, sur la côte sud-est de la Corse. Ici, entre pinède et plage, se tient jusqu’au 17 mai le premier Open international d’échecs du village de Lecci (Corse-du-Sud). Dans les salles de restaurant au silence de cathédrale, 200 joueurs s’affrontent autour des échiquiers. L’affiche est alléchante : 32 000 euros de dotation pour les trois tournois (record de France) et 25 grands maîtres européens au rendez-vous, dont le champion local, Marc’Andria Maurizzi. Son père, Dominique, coorganise le tournoi. « Nous voulons mettre les échecs corses en valeur, explique ce pro du bridge. Et permettre à mon fils d’affronter des pointures. »

A bientôt 19 ans, l’enfant du pays affiche un palmarès à faire des jaloux. Maître international à 12 ans, plus jeune Français sacré grand maître à 14 ans, champion du monde junior à 16 ans, champion de France 2025 à 18 ans. En avril, il a décroché sa qualification pour la Coupe du monde 2027. « Mon ambition, c’est le Top 10 », affirme-t-il sans fausse modestie. Marc’Andria Maurizzi a découvert les échecs dans son école élémentaire de Bastia. Dès le cours préparatoire, à raison d’une heure par semaine, il s’est familiarisé avec les pièces, leur déplacement sur les cases, les attaques et les ouvertures.