Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Élection présidentielle 2027 Tribune Florence Haegel Professeure de science politique Vincent Martigny Professeur de science politique A un an de l’élection, les politistes Florence Haegel et Vincent Martigny s’interrogent, dans une tribune au « Monde », sur le sens à donner à la lutte acharnée qui vise à revendiquer l’héritage idéologique et politique de la droite des années 1980. Publié le 13 mai 2026 à 17h00, modifié le 14 mai 2026 à 01h37 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La nostalgie des années 1980, dont le succès du film Juste une illusion, d’Olivier Nakache et Eric Toledano, offre une nouvelle manifestation, s’illustre également dans le champ politique, et singulièrement à droite. Il ne s’agit pas seulement du retour du « look Chirac », grandes lunettes carrées et jean sous les aisselles, en vogue au sein de la jeunesse branchée. La référence au RPR – le Rassemblement pour la République, parti fondé en 1976 par Jacques Chirac – connaît depuis quelques années un renouveau aussi inattendu que révélateur. Elle sous-tend une bataille culturelle interne à la droite française, au cœur des divisions qui travaillent aujourd’hui cette famille politique. Paradoxalement, c’est avant tout à l’extrême droite que cet usage s’est répandu. On se souvient qu’à l’automne 2021, au cours de sa précampagne présidentielle, Eric Zemmour ancrait son positionnement dans l’histoire de la droite, arguant être « le candidat de ce qu’on appelait avant “le RPR”, c’est-à-dire le rassemblement de la droite populaire, bonapartiste, gaulliste qui rassemble les classes populaires et la bourgeoisie patriote ». Depuis, la formule a largement débordé les rangs de Reconquête ! : le Rassemblement national (RN) et les ciottistes de l’Union des droites pour la République, dont le sigle est lui-même un clin d’œil appuyé à la fin des années 1960 [l’Union des démocrates pour la République, UDR, a précédé le RPR], se l’approprient à leur tour. Lorsque, en 2023, Franck Allisio, candidat malheureux du RN à la mairie de Marseille [en 2026] et ancien de l’Union pour un mouvement populaire et du parti Les Républicains (LR), a racheté la marque et le logo du RPR pour fonder un microparti explicitement voué à l’union des droites, le président de LR d’alors, Eric Ciotti, s’était vigoureusement élevé contre cette OPA symbolique. Dans son dernier ouvrage [Je ne regrette rien. L’heure est venue de dire pourquoi (Fayard, 2025)], le même Eric Ciotti justifie aujourd’hui sa stratégie d’union avec l’extrême droite… par une référence au RPR, et notamment à la figure de Charles Pasqua, partisan affiché, en son temps, d’une alliance avec le Front national [FN, l’ancien nom du RN]. Il vous reste 62.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.