Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde des livres Le Monde des livres Le Monde des livres Récits étrangers Récits étrangers Récits étrangers Dans ce livre, l’écrivaine espagnole mêle subtilement récit autobiographique et quête encyclopédique sur sa condition de mère. Article réservé aux abonnés « Histoire des vertébrés » (La historia de los vertebrados), de Mar Garcia Puig, traduit de l’espagnol par Lise Belperron, Globe, 356 p., 23 €, numérique 17 €. Un jour de décembre 2015, Mar Garcia Puig a vécu un double séisme : elle est devenue mère – de jumeaux – et députée du Congrès espagnol. Là où d’autres auraient doublement exulté, cette éditrice et traductrice a sombré dans la folie. « En poussant, j’eus l’impression de voir dans les moulures du plafond un dragon qui, quand le bébé se mit à hurler, déjà dans les bras de quelqu’un d’autre, s’enfuit par la fenêtre et balaya de sa queue les étoiles de cette nuit claire pour les faire tomber d’un coup sec sur le sol », relate-t-elle dans son premier livre. Une hallucination liée à l’effort démesuré du moment ? Non, le début d’un long chemin de croix où la conscience de la réalité a cédé le pas à des angoisses paralysantes et des obsessions irraisonnées dont elle mettra des mois à tenter de sortir. Histoire des vertébrés, où s’entremêlent récit autobiographique, réflexion politique, histoire et médecine, explore avec autant de sensibilité que d’érudition cette maternité-vortex qui a failli l’engloutir. Un peu à la façon de Maggie Nelson qui, dans Les Argonautes (Sous-sol, 2018), interrogeait le genre, la maternité et le sentiment amoureux en s’appuyant sur les auteurs qui l’ont aidée à vivre, Mar Garcia Puig trouve dans la quête encyclopédique une forme de réconfort ou d’universel, bien que son entreprise à elle, contrairement à celle de l’écrivaine américaine, soit teintée d’une mélancolie et d’une gravité intenses. Il vous reste 55.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.