Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Intimités Intimités Intimités Chaud devant Chaud devant Chaud devant « Chaud devant ». S’offrir son premier tee-shirt avec son argent de poche… puis bientôt en acheter 20. Les très bas prix pratiqués par l’industrie textile incitent les ados à la surconsommation de vêtements. Comment éviter ce piège, tout en les laissant trouver leur style ? Article réservé aux abonnés Ce tee-shirt blanc m’a laissée blême. La pièce textile était exigée pour une représentation de chorale de ma fille, le lendemain. Prise au dépourvu, je suis entrée in extremis dans une boutique de prêt-à-porter à bas prix, ai acheté le vêtement et filé sans demander mon reste. Le sentiment de victoire a été de courte durée. A la maison, mon enfant de 11 ans, certes reconnaissante, a découvert l’étiquette et m’a couverte de honte. « Deux euros, c’est moins que deux baguettes, c’est pas possible pour un tee-shirt », s’est-elle scandalisée. J’ai sorti en vrac les explications : production à l’autre bout du monde, ouvriers sous-payés, pollution à gogo, transport longue distance = vêtements à bas prix. Le discours était décousu, l’ambiance générale ne tenait plus qu’à un fil. Je sens d’ailleurs que cet épisode n’est que le début de la dissonance cognitive dans notre foyer. Car, depuis l’entrée au collège de mon aînée, les priorités vestimentaires ont changé. Elle veut désormais porter ce que toutes les autres portent. Ce qui va bien finir par nous conduire dans ce qui m’apparaît comme le premier cercle de l’enfer écologique et social, certes mieux que bon marché : les enseignes de fast-fashion. Est-ce une fatalité ? D’après l’Analyse des pratiques liées aux achats de produits d’habillement de l’Agence de la transition écologique, les 16-24 ans sont ceux qui achètent le plus de vêtements, en moyenne 15 chaque année, et, contre toute attente, presque deux fois plus en magasin que sur Internet. Leurs armoires contiennent, en gros, 75 vêtements, dont la moitié seulement sont utilisés couramment, un chiffre et une proportion comparables aux autres tranches d’âge. Il vous reste 81.96% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.