Des pirogues s’accumulent dans un cimetière de bateaux à Arinaga, sur l’île espagnole de Grande Canarie, en novembre 2021. LLUIS GENE / AFP
La police espagnole a annoncé mercredi 17 septembre avoir arrêté dix-neuf personnes, accusées de meurtres et de tortures à bord d’un bateau de migrants en provenance du Sénégal à destination des îles Canaries, dans lequel au moins cinquante personnes étaient portées disparues à l’arrivée.
Le 24 août, une embarcation de fortune avait été secourue au large de Grande Canarie dans l’océan l’Atlantique, avec 248 survivants à son bord, selon la police nationale espagnole. Il y avait au départ 300 personnes à bord, estiment les autorités, qui pensent que les nombreux disparus ont été jetés par-dessus bord pendant les onze jours de voyage.
Les survivants ont raconté aux enquêteurs que plusieurs des personnes arrêtées faisaient office de capitaines, « attaquant des dizaines de personnes, les battant et les maltraitant de diverses manières », révèle un communiqué de la police. « Dans certains cas, ils jetaient des migrants vivants à la mer et refusaient de secourir ceux qui tombaient accidentellement à l’eau », ajoute le communiqué.
La police a déclaré que certains meurtres sont liés à des superstitions, les victimes étant accusées de « sorcellerie » et d’être responsables de pannes de moteur, de pénuries de nourriture ou de tempêtes. D’autres auraient été tuées pour avoir protesté contre les conditions difficiles.







