Une femme en télétravail durant l’épidémie de Covid, à New York (États-Unis), le 11 mars 2020. BEBETO MATTHEWS / AP

« Ce sont des fascistes » : Jonathan Schoenberg, directeur créatif de l’agence de publicité TDA, à Boulder, dans le Colorado, n’a pas de mots assez durs pour décrire les nombreux logiciels de surveillance numérique proposés aux entreprises américaines. La montée en puissance du travail à distance fait que les chefs de service ne peuvent plus suivre de près leurs troupes d’un simple coup d’œil ou en passant au bureau d’un salarié.

ActivTrak, Teramind, Time Doctor, WorkExaminer, Hubstaff… les éditeurs de logiciels, utilisateurs d’intelligence artificielle (IA), leur offre donc une alternative : des outils pour suivre à distance le travail de l’employé assis devant son ordinateur. ActivTrak observe ainsi les e-mails, les sites visités, les temps de travail, l’activité de la souris… Un de ces logiciels peut, en plus, prendre régulièrement des photos de l’intéressé, ou faire des enregistrements vidéo. « C’est une mentalité d’usine », dénonce M. Schoenberg. Un outil rétrograde et inefficace à ses yeux : « Si je m’absente pendant deux heures pour rencontrer un client, le logiciel le décompte en temps perdu et juge à tort cette initiative contre-productive. »