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’Occident est-il trop mou pour se battre ? Cette question, naguère cantonnée aux tribunes populistes, façonne désormais en silence la politique de défense d’une grande partie de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Des présupposés tenaces sur nos sociétés – trop gâtées, trop individualistes, trop « post-héroïques » –, ainsi que des sondages récents, révèlent une faible disposition au combat parmi les populations de l’OTAN (16 % des Italiens, 17 % des Allemands, 35 % des Britanniques seulement se déclarent prêts à se battre). Ces éléments impactent aujourd’hui les stratégies de mobilisation, les priorités de recrutement et même l’allocation des ressources de défense. Ce pessimisme stratégique à l’égard de nos populations semble plausible, mais il risque de devenir dangereusement autoréalisateur.

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