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endant que l’Europe achète des chars et des missiles pour plusieurs centaines de milliards d’euros, la Chine et la Russie s’emploient à constituer des régiments de trolls numériques, à recruter des faux journalistes et à soutenir le rayonnement de leurs médias internationaux. A l’heure de la guerre mondiale de l’information, l’Union européenne (UE) paraît bien timide et peine à entamer sa conversion aux nouveaux attributs de la puissance.

Photo diffusée par l’agence Sputnik qui montre Vladimir Poutine participant à une visioconférence de la commission pour la coopération militaire et technique avec les Etats étrangers au Kremlin, le 23 mai 2025. ALEXANDER KAZAKOV / AFP

Depuis mars 2022, les sanctions prises à l’encontre de certains médias d’Etat russes, fers de lance de la diffusion de désinformation à grande échelle, dont Russia Today et Sputnik, se sont révélées inefficaces, notamment sur Internet. La législation européenne sur le numérique – en l’occurrence le Digital Services Act (DSA) – est percluse de failles dont profitent les professionnels de la désinformation pour mener leurs opérations, en s’appuyant sur la passivité des principales plateformes américaines.

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