« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », disait Victor Hugo et, peut-on ajouter, c’est sur la ruine des comptes publics que sont érigées nombre de fortunes privées. Cette évidence, dont la réalité ne souffre aucune contestation, a été passée par pertes et profits dans le débat sur la situation budgétaire de la France. A quelques exceptions près, l’essentiel de la conversation publique consiste ces jours-ci à savoir comment et dans quelle mesure il faut augmenter les recettes et rogner sur les dépenses, réduisant le champ de l’action politique à un tableur à deux colonnes.

Il y a pourtant dans la pièce un éléphant que la plus grande part des responsables politiques s’emploie à ignorer : le « mur de la dette » est aussi un mur d’externalités négatives sanitaires et environnementales, dont la taille ne cesse de croître et que l’actuel backlash sur la question écologique va contribuer à élever toujours plus.

Au printemps, six chercheurs ont tenté de mettre cette idée sur la table dans une tribune au Monde, mais le gouvernement, de même qu’une majorité de la représentation nationale, y sont restés aimablement sourds.

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