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emain, un média supplémentaire pourrait tomber dans l’escarcelle de Vincent Bolloré, et pas des moindres : c’est bien sur Le Parisien que ce milliardaire interventionniste, qui fait peu de cas de l’indépendance des journalistes, souhaite aujourd’hui mettre la main. Il ne s’agit ni d’une rumeur anodine ni d’un fait divers économique : c’est une véritable alerte démocratique, qui devrait toutes et tous nous inquiéter en ces temps de crise de la représentation politique.

Car chacun connaît désormais la mécanique implacable de cet actionnaire. Les promesses initiales d’indépendance, répétées comme des mantras pour amadouer journalistes et lecteurs, se dissipent vite. On l’a vu à i-Télé, devenue CNews. On l’a vu à Europe 1. On l’a vu au Journal du dimanche. Partout, le même scénario : une rédaction asphyxiée, des journalistes poussés vers la sortie si par malheur ils osent s’opposer à la ligne éditoriale, un pluralisme méthodiquement étouffé et une ligne idéologique imposée au pas de charge.

Demain, c’est l’un des quotidiens les plus emblématiques de France qui pourrait subir cette même opération. Or, Le Parisien n’est pas un titre comme un autre. Le transformer en machine de propagande bolloriste, ce serait trahir la République, trahir un symbole de la Libération. Né dans l’élan de 1944, ce journal est l’héritier d’une histoire qui mêle combat démocratique et enracinement populaire.