Le vice-président sud-soudanais, Riek Machar, à Juba, le 3 février 2023. SIMON MAINA / AFP

Le vice-président sud-soudanais, Riek Machar, placé en résidence surveillée depuis mars, est inculpé pour « crimes contre l’humanité », a annoncé le gouvernement jeudi 11 septembre – une annonce potentiellement déstabilisatrice pour le Soudan du Sud, pays pauvre et instable. Son arrestation fin mars avait alimenté les craintes d’un retour à la guerre civile, heureusement non advenue, près de sept ans après la fin d’un conflit sanglant entre ses partisans et ceux du président, Salva Kiir, qui avait fait quelque 400 000 morts et 4 millions de déplacés entre 2013 et 2018.

D’après un communiqué du ministère de la justice, Riek Machar est présumé coupable d’avoir coordonné, avec sept coaccusés, une attaque contre une base militaire par l’« Armée blanche », une milice accusée par le pouvoir de collaborer avec lui. L’attaque, qui s’est tenue le 3 mars dans le nord-est du pays, a tué « plus de 250 soldats » ainsi qu’un major général sud-soudanais et un pilote onusien, affirme le ministère de la justice. M. Machar et ses coaccusés ont également été inculpés pour « meurtre », « terrorisme et financement d’actes terroristes », « trahison » et « conspiration ».