Le camp de réfugiés n ° 4 sur l’île de Nauru, dans le Pacifique, le 2 septembre 2018. MIKE LEYRAL / AFP

Après les demandeurs d’asile interceptés en mer, l’Australie s’apprête à expédier à Nauru, un micro-Etat insulaire du Pacifique, ses étrangers visés par un ordre d’expulsion et ne pouvant être renvoyés dans leur pays d’origine. Vendredi 29 août, les deux pays ont signé un protocole d’accord annoncé, en catimini, sur le site du ministère de l’intérieur australien. Depuis, les rares détails rendus publics suscitent la controverse, notamment en raison des coûts financiers impliqués.

Cet accord « contient des engagements pour le traitement approprié et le séjour de longue durée des personnes qui n’ont pas le droit légal de rester en Australie, qui seront accueillies à Nauru », indique le communiqué de sept lignes publié par le ministère, précisant que Canberra « fournira un financement pour soutenir cet arrangement et aider Nauru à renforcer sa résilience économique à long terme ».

L’accord vise plus précisément ce que le pays appelle la « cohorte NZYQ » : quelque 350 étrangers qui ont vu leur visa annulé pour des motifs liés à la moralité ou à la conduite, souvent à la suite de délits violents. Originaires de pays vers lesquels ils ne pouvaient être renvoyés – en raison d’un risque de persécution ou du refus de ces Etats de les reprendre –, ils avaient été placés en centres de rétention. Mais, en novembre 2023, la Haute Cour d’Australie a estimé que les autorités ne pouvaient détenir indéfiniment des personnes sans perspective d’expulsion dans un délai raisonnable. Elle a donc ordonné leur libération, au grand dam de l’opinion publique, choquée que figurent parmi eux des criminels et des délinquants sexuels.