Depuis l’arrivée en 2017 d’Alexandre Bompard (ancien PDG de la Fnac et d’Europe 1) à la tête du groupe Carrefour, une stratégie d’entreprise très contestée a été mise en place : le passage en « location-gérance » d’un grand nombre de magasins.

A travers ce système, des supermarchés et hypermarchés sortent du giron du groupe Carrefour et leur exploitation est confiée à des locataires gérants, qui louent les murs et rémunèrent directement les salariés. De l’extérieur pourtant, aucune différence : les magasins sont toujours estampillés Carrefour en échange d’une redevance versée au groupe par l’exploitant pour l’utilisation de la marque.

Une opération transparente et invisible pour le consommateur mais qui a de lourdes conséquences pour les 27 000 salariés des 344 magasins sortis du groupe. Ceux-ci perdent souvent leurs primes et avantages et voient leurs conditions de travail se dégrader.

La CFDT parle d’un plan social déguisé permettant à Carrefour d’alléger ses effectifs et a saisi la justice. La direction du groupe répond que, contrairement à d’autres groupes de la grande distribution, cette stratégie leur permet de sauver les magasins et donc des emplois.

Comment en est-on arrivé là à Carrefour ? Qu’est ce système de location-gérance et qu’implique-t-il pour le groupe et ses salariés ? Dans cet épisode du podcast « L’Heure du Monde », Aline Leclerc, journaliste au service économie du Monde, explique les arcanes de la location-gérance dans la grande distribution.