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ui a peur du grand méchant Fonds monétaire international (FMI) ? Depuis que François Bayrou a demandé la confiance des députés sur la question du redressement des finances publiques, l’hypothèse d’une « mise sous tutelle » de la France par le FMI va de nouveau bon train, version train fantôme. Avec une forme de fascination, les piliers de bar audiovisuels décrivent par le menu ce scénario redouté : une brutale perte de confiance des marchés, une incapacité du Trésor à lever de l’argent, un appel à l’aide adressé au FMI, une humiliation à la grecque. Les idéologues libéraux qui, depuis des années, combattent les dépenses publiques avec de l’ail, des pieux et des hosties consacrées, s’en donnent à cœur joie. Quel bel épouvantail pour faire avancer leurs idées !
Quel est le risque réel d’un tel scénario ? Les économistes sont – pour une fois – presque unanimes : à court et moyen termes, il est nul. Certes, le secteur public a un problème d’endettement évident – aggravé ces dernières années par diverses baisses d’impôts –, mais il n’a aucune difficulté à se financer. Cela pourrait-il subitement changer ? Certains dressent des parallèles avec le précédent du Portugal, qui, après la catastrophe grecque, a dû passer à son tour sous les fourches Caudines du FMI après avoir perdu la confiance des créanciers.










