Un soldat de l’armée soudanaise scrute la ligne de front avec des jumelles à Khartoum Nord, au Soudan, le 3 novembre 2024. AMAURY FALT-BROWN / AFP
Pablo Picasso plus fort qu’un mercenaire surarmé ? C’est l’espoir du premier ministre soudanais, Kamil Idriss qui, dans un surprenant message adressé en espagnol samedi 16 août au peuple colombien, a renvoyé dos à dos les gloires de la culture hispanophone aux soldats privés venus combattre dans son pays. Les plumes de Mario Vargas Llosa, Gabriel Garcia Marquez ou Pablo Neruda, a-t-il plaidé, valent mieux que l’épée. Une supplique à laquelle le président colombien, Gustavo Petro, a fait écho le lendemain sur X : « Jeunes vétérans et anciens officiers, ne vous vendez pas. Luttez pour votre patrie, ne mourez pas dans des guerres étrangères. »
Les deux messages ont été diffusés dix jours après que la télévision d’Etat soudanaise a annoncé, le 6 août, qu’un avion transportant au moins quarante mercenaires colombiens avait été abattu au moment d’atterrir à Nyala, la capitale de la région du Darfour du Sud contrôlée par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». Ce dernier, en guerre depuis deux ans contre l’armée régulière dirigée par Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, contrôle une grande partie de l’ouest soudanais.






