Le 14 juillet 2025, à Casablanca, dans les locaux du collectif Casa Lumière. Fatou (prénom d’emprunt), une Guinéenne de 29 ans, tient dans les bras l’une de ses jumelles, âgée d’à peine 2 ans. Ses deux filles sont issues d’un viol collectif commis par des compagnons de route à Agadir. MUSTAPHA KESSOUS
Elles sont arrivées pile à l’heure. Dans une salle non loin du centre-ville de Casablanca, sept jeunes femmes, originaires du Sénégal ou de Guinée, ont rendez-vous, ce vendredi de juillet, avec la médecin généraliste.
Visage radieux enveloppé dans un voile beige, Halima (prénom d’emprunt) donne de son temps à Casa Lumière, un collectif de bénévoles – composé en majorité de Marocaines, de Françaises et d’Algériennes – qui apporte depuis une dizaine d’années un soutien médical, psychologique et une aide alimentaire aux migrants les plus vulnérables de la capitale économique du royaume.
Face à elle, certaines, revêtues de boubous ou de longues robes, sont à quelques mois d’accoucher, d’autres tiennent à bout de bras leurs bébés. Outre l’exil, ces femmes – venues au Maroc pour travailler, fuir leur pays ou tenter de rejoindre l’Europe –, partagent désormais un autre fardeau, la même blessure intime, presque inavouable : elles n’ont pas choisi d’avoir ces enfants. Tous ou presque sont issus d’un viol survenu pendant leur trajet vers l’Europe ou au Maroc. Comme Naïma, assise contre un mur de la pièce.






