« Pourquoi on ne voit pas ses pieds ? », demande Eugénie, la mère de Lucile Notin-Bourdeau, l’illustratrice autiste de notre série sur les petons. « Parce qu’ils puent ! », répond-elle. Son intuition étonnante et sa réflexion fine sur les choses nous invitent à regarder autrement ce à quoi on ne prête même plus attention. LUCILE NOTIN-BOURDEAU
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rédéric, agent administratif des finances publiques dans l’est de la France, se serait bien passé de cette caractéristique. Mais l’homme de 51 ans, et à la silhouette fine (qui préfère taire son nom), sait voir la réalité en face : il pue des pieds. Le constat est arrivé à l’âge adulte, après des années de réflexions de potes sous la tente et de moments de gêne dans les relations sentimentales. Lycéen, il a séjourné deux ans en internat et, alors, ne réalisait pas sa différence : « Les dortoirs baignaient dans une odeur de pieds permanente. Toutes nos paires de chaussures étaient contaminées. Je ne crois pas que les miennes étaient pires que les autres ! » Une fois l’évidence acceptée, il lui a fallu faire avec. Pour justifier l’odeur dans son studio d’étudiant auprès de son flirt de l’époque, il a tout mis sur le dos d’un vieux camembert. « Je ne suis même pas sûr qu’elle m’ait cru… »






