Les bureaux d’un sous-traitant de Meta, société mère de Facebook, à Nairobi (Kenya), en juin 2023. TONY KARUMBA / AFP

Rivés sur leur écran, des dizaines d’employés d’une entreprise kényane y traquent des baleines, repèrent des voleurs à la tire ou scrutent des lésions pulmonaires dues au Covid-19 pour le compte de clients étrangers, signe d’un marché mondial de la sous-traitance en plein essor. Leur employeur, Cloudfactory, a ouvert ses portes à Nairobi, capitale du Kenya, en 2014, proposant au départ des services simples, comme de la transcription.

Mais depuis 2024, l’entreprise offre aussi un éventail de services liés à l’intelligence artificielle (IA), qui bouleverse le secteur et fait naître l’espoir de soutenir l’emploi des jeunes dans ce pays, locomotive économique de l’Afrique de l’Est. Pour ses clients, Cloudfactory analyse des radiographies médicales, aide les assureurs à repérer des toits endommagés ou mesure la couverture forestière pour vérifier que des projets de compensation carbone remplissent leurs promesses.

L’un d’eux, Charles River Analytics, une entreprise américaine de robotique, avait besoin d’utiliser l’IA pour éviter que des baleines n’entrent en collision avec ses navires sans pilote. « Nous avons encore besoin de gens pour dire aux machines ce qu’elles doivent faire et pour vérifier ce qu’elles produisent, rappelle Festus Kiragu, directeur de Cloudfactory Kenya. Et cela crée des emplois, beaucoup d’emplois. » Ce prestataire emploie quelque 130 personnes et collabore avec 3 000 travailleurs indépendants.