Claire Touzard, à Paris, en 2022. ALEXANDRE TABASTE
Dans son essai Folie et Résistance (200 pages, 17 euros), publié aux éditions Divergences le 16 mai, l’autrice Claire Touzard explore, dans un récit intime et politique, la manière dont les troubles psychiques sont stigmatisés et instrumentalisés pour mieux imposer des normes.
Après « Sans alcool », publié chez Flammarion en 2021, pourquoi avoir choisi, dans votre dernier ouvrage, de parler de votre bipolarité ?
J’ai été diagnostiquée bipolaire à un moment où mon engagement pour la Palestine allait croissant. Immédiatement, autour de moi, un lien a été fait entre ces deux pans de ma vie. C’est là que j’ai compris qu’être alignée avec ses valeurs, revendiquer des positions militantes, sortir du cadre pouvaient être perçus comme une forme de folie. Dans une société qui valorise la retenue, la modération, mon trouble m’amène au contraire vers plus de radicalité, moins de filtres. Mon livre part de cette question : qu’est-ce qui est perçu comme fou chez moi, ma bipolarité ou mon militantisme ? Si être folle, c’est lutter pour mes droits, refuser qu’on m’insulte ou qu’un dirigeant me harcèle, alors oui, je suis folle.
Il vous reste 75.57% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.






