Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, et la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, à l’hôtel Matignon, à Paris, le 30 avril 2025. BERTRAND GUAY/AFP
Le ciel judiciaire du Rassemblement national (RN) s’est assombri un peu plus, mercredi 9 juillet, quatre mois après la condamnation de Marine Le Pen (elle a fait appel) et de nombreux cadres dans l’affaire des assistants parlementaires européens, et vingt-quatre heures après l’ouverture d’une enquête du parquet européen sur de possibles détournements financiers de son groupe à Bruxelles. Dès le petit matin, des enquêteurs de la police judiciaire de Paris ont perquisitionné le siège du parti, dans le 16e arrondissement. Dans un lointain écho aux perquisitions du RN dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu RN), en 2016 et 2017 – à l’époque à Nanterre –, le parti s’est posé en victime d’un acharnement judiciaire visant à l’empêcher d’accéder au pouvoir.
La justice s’intéresse notamment aux prêts accordés par de riches militants au parti d’extrême droite et à ses candidats ces dernières années, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 2 juillet 2024 à Paris pour des soupçons de financement illicite des campagnes du RN aux élections présidentielle et législatives de 2022, ainsi qu’aux européennes de 2024. Les investigations portent également sur des factures supposément majorées pour gonfler le remboursement dû par l’Etat. Dans ce cadre, les « sièges sociaux de sociétés [prestataires des campagnes du RN, soupçonnées de surfacturation], ainsi qu[e] [les] domiciles des personnes physiques dirigeantes de ces sociétés » ont également été perquisitionnés, précise le parquet de Paris, qui mène ces investigations au sein de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée. L’enquête a été confiée à la nouvelle brigade financière et anticorruption de la police judiciaire.







