Histoire d’une notion. Les droits de douane de Donald Trump ; ses visées sur le canal de Panama ou le Groenland ; les manœuvres en mer de Chine ; le bras de fer sur les semi-conducteurs ; les sanctions contre la Russie ; l’affirmation de la puissance des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft)… tout indique que la géo-économie est de retour.

On appelle ainsi l’utilisation par des acteurs, généralement étatiques, de mécanismes économiques en vue de renforcer leur puissance. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, le mot géo-économie bourgeonne dans les colloques et dans les médias. « Bienvenue dans le nouvel âge de la géo-économie », claironnait ainsi, en mai, le quotidien économique britannique Financial Times.

C’est au tout début des années 1990 que la notion de géo-économie prend son essor. Alors que l’URSS vacille puis s’effondre, on cherche alors de nouveaux concepts pour décrire le monde. Le temps des conflits et des conquêtes de territoires semble révolu : place au « nouvel ordre mondial » (terme du président des Etats-Unis de l’époque, George Bush), au « soft power » (du géopolitologue américain Joseph Nye), à la « fin de l’histoire » (du chercheur américain Francis Fukuyama).