Sur le navire « Ocean Viking » de l’organisation humanitaire SOS Méditerranée, au large de Malte, le 21 mai 2024. CLEMENT MELKI / AFP

L’histoire a commencé dans le salon un peu fouillis d’une maisonnette du sud de la France. Ici vivent deux chihuahuas, un gros chat, cinq tortues et… Marie* (à sa demande et pour des raisons de sécurité, son nom et sa ville de résidence ne sont pas divulgués). Une aide-soignante retraitée de 68 ans, aux longs cheveux argentés, qui ne lâche jamais des mains son téléphone portable à l’écran fissuré.

Depuis près de six ans, elle partage ses journées – et une grande partie de ses nuits – avec d’innombrables voix qu’elle entend sur WhatsApp ou Messenger. Des cris ou des pleurs venus de Libye, du désert algérien ou d’une embarcation en pleine mer tentant de rejoindre l’Europe. Au bout du fil, des migrants en détresse bloqués de l’autre côté de la Méditerranée. Chaque jour, ils sont une centaine à l’appeler ou à lui envoyer des messages d’urgence : notes vocales, photos ou vidéos de leur calvaire… « Même sous la douche, je leur parle à travers le rideau. »

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