La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Elisabeth Borne, et le ministre chargé de la santé et de l’accès aux soins, Yannick Neuder (à droite), à Paris, le 12 mars 2025. BERTRAND GUAY/AFP

Une plainte dénonçant des suicides de soignants à l’hôpital public, déposée notamment pour « harcèlement moral » et « homicides involontaires », a été classée sans suite, a annoncé, jeudi 26 juin, le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz. Elle visait les ministres de la santé, Catherine Vautrin, et de l’éducation, Elisabeth Borne, ainsi que le ministre délégué à la santé et à l’accès aux soins, Yannick Neuder, jugés responsables des conditions de travail dégradées des établissements publics.

« Je suis très surprise du classement de cette plainte qui contient 359 pièces particulièrement étayées », a réagi auprès de l’Agence France-Presse (AFP) l’avocate de 19 plaignants, Me Christelle Mazza. « Nous sommes face à un scandale d’Etat avec la volonté de laisser perdurer une forme d’impunité au sein des hôpitaux publics », a-t-elle dénoncé.

Au total, « 19 plaintes émanant de particuliers » avaient été adressées à la Cour de justice de la République (CJR), le 10 avril, a précisé le procureur général, Rémy Heitz, qui exerce les fonctions de ministère public à la CJR. Elles dénonçaient « des faits qualifiés de harcèlement moral, violences mortelles, homicides involontaires et mise en péril de la personne, à la suite de suicides survenus dans des hôpitaux ». Ces plaintes visaient aussi les trois ministres.