« Une fratrie » (Die Geschwister), de Brigitte Reimann, traduit de l’allemand par Françoise Toraille, postface de Nicole Bary, Métailié, 182 p., 20,50 €, numérique 10 €.
Quand, dans un pays sous tension, les oppositions idéologiques traversent une famille, la crise n’est pas simplement politique mais affective, surtout quand les désaccords opposent un frère et une sœur qui se croyaient inséparables. C’est ce que raconte Une fratrie, roman en partie autobiographique publié en 1963 par l’une des autrices les plus enjouées et farouches qu’ait connues l’Allemagne de l’Est (RDA, 1949-1990). Ne pas se fier donc à la couverture grise représentant une jeune femme à l’air ennuyé, car rien n’est ennuyeux ni gris dans ce récit passionnant, très bien traduit par Françoise Toraille.
Brigitte Reimann est née en 1933 près de Magdebourg. Elle publie ses premiers textes à 22 ans et suit d’abord la « voie Bitterfeld », du nom du congrès où est annoncée, en 1959, une nouvelle politique culturelle en RDA, visant à surmonter « l’aliénation entre l’artiste et le peuple ». Celle-ci exhortait, entre autres, les artistes et les écrivains à aller œuvrer dans les usines et à soutenir les travailleurs. C’est ce que fait Reimann dès 1960. Mais elle ne tarde pas à prendre ses distances, comme le montre Une fratrie, publié ici dans sa forme initiale, après la découverte du manuscrit original en 2021.






