Thomas Soret, le jeudi 24 avril 2025 à Amboise (Indre-et-Loire). CYRIL CHIGOT « POUR LE MONDE »

C’est sur la coquette place du château royal d’Amboise (Indre-et-Loire), bordée de restaurants, que Thomas Soret, 29 ans, a donné rendez-vous à l’enseigne de boulangerie Paul, dont la salle est dotée d’une grande verrière sur jardin. « Le matin, c’est calme pour discuter », note le fonctionnaire aux ministères sociaux, également dirigeant associatif et passionné de sport. Cet Amboisien, élu municipal sans étiquette, raconte devant un café son combat pour simplifier la vie des personnes porteuses du syndrome d’Usher, dont il est lui-même atteint. Cette maladie génétique rare associe surdité, cécité progressive et troubles de l’équilibre. Equipé depuis l’âge de 4 ans d’un implant cochléaire (prothèse auditive interne et externe) situé sur la tête, près de l’oreille droite, Thomas Soret peut ainsi dialoguer de façon fluide, « et même sans “accent” de sourd ».

C’est seulement quelques mois après sa naissance que sa surdité a été établie. « Dans son cabinet, le médecin a sorti une trompette, a soufflé fort dedans, mais je n’ai pas bronché ! », raconte le jeune homme au regard bleu cerclé de lunettes en écaille. Sa vue a amorcé son déclin inéluctable « dès l’âge de 8 ans ».