Veronika, 22 ans, dans un camp d’entraînement de la 72ᵉ brigade, dans l’oblast de Kiev, le 24 mai 2025. VIRGINIE NGUYEN HOANG/HL/HUMA POUR «LE MONDE»
Veronika, 19 ans, se tient bien droite dans sa tenue de camouflage, fusil d’assaut à l’épaule. Elle n’a intégré l’armée que deux mois plus tôt, mais ses mouvements sont déjà empreints d’une raideur toute militaire. Son débit est rapide et monocorde : « C’est la fatigue. Je n’ai dormi que cinq heures au cours des trois derniers jours », explique cette recrue en formation sur un terrain militaire situé dans la région de Kiev. Veronika a signé avec l’armée un « contrat 18-24 », activement promu depuis février par l’Etat ukrainien pour recruter des jeunes de cette tranche d’âge. La mobilisation ne concerne que les hommes âgés de 25 à 60 ans.
A l’exception de celles exerçant une profession médicale, les femmes ne sont pas mobilisables et n’intègrent l’armée que sur la base du volontariat. Non sans difficultés. « J’ai tenté à six reprises de signer un contrat avec l’armée et j’ai essuyé six échecs », explique Lialia (son nom de guerre), 19 ans, originaire d’Odessa. Sa famille ne compte aucun militaire qui aurait pu la pistonner : « Je n’ai pu intégrer l’armée qu’avec ce nouveau contrat 18-24. Mais, là aussi, j’ai mis deux jours à trouver une unité qui m’accepte – la 72e brigade – en tant que “tireur sanitaire”. » Il s’agit d’une fonction hybride de fantassin et d’infirmier de combat qui n’existe pas dans l’armée française. Veronika, qui porte un écusson rose bien voyant Hello Kitty à l’épaule, comme pour marquer sa différence, se sent bien intégrée. « Dès le début, j’ai été acceptée par tous, raconte-t-elle. Ici, tout le monde est logé à la même enseigne. Le même équipement, les mêmes entraînements. » Son logement – un dortoir de 12 lits en forme de couloir partagé avec ses camarades tous masculins et n’offrant aucune intimité – est creusé sous terre, dans un sous-bois.







