Le chantier de construction de l’aciérie « verte » de Stegra, à Boden, dans le nord de la Suède, en mai 2025. STEGRA
Le ballet des grues de construction se voit de loin sur la route, perçant la forêt de bouleaux et de pins. Sur place, les engins de chantier sillonnent les pistes de terre longues de plusieurs centaines de mètres, soulevant la poussière en transportant gravats et matériaux. Bienvenue à Boden, dans l’extrême nord de la Suède, sur le site de la future aciérie « verte » du groupe Stegra.
La ville de près de 30 000 habitants est située à 10 heures de route de Stockholm et à 80 kilomètres à vol d’oiseau du cercle polaire. Sans grand charme touristique, selon les guides de voyage, elle est surtout connue pour son fort militaire, l’un des derniers de Laponie, en activité pendant les deux guerres mondiales et fermé dans les années 2000. Elle sera peut-être demain célèbre pour son aciérie, installée à la périphérie de la ville, la première construite ex nihilo sur tout le continent européen depuis un demi-siècle.
Créée en 2020, la start-up H2 Green Steel a lancé deux ans plus tard le chantier de Boden. Elle a pris son nouveau nom, Stegra, en 2024, qui signifie « élever » en suédois, comme un symbole de la montée en puissance de son projet. L’enjeu industriel est de taille : en cas de succès, l’aciérie de Boden peut devenir la vitrine de la transition énergétique réussie dans la sidérurgie européenne, ou être synonyme, en cas d’échec, d’un nouveau mirage industriel suédois après la faillite du fabricant de batteries électriques Northvolt en mars, la plus importante dans l’histoire économique du pays.














