Le chef de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), Christian Tein, lors d’une conférence de presse, à Montpellier, le 18 juin 2025. SANDRA MEHL POUR «LE MONDE»
L’indépendantiste kanak Christian Tein est libre depuis six jours, et il confie son soulagement devant la presse, ce mercredi 18 juin à Montpellier, dans les bureaux de ses avocats. Placé en détention provisoire à Mulhouse depuis un an pour l’organisation supposée, en tant que chef de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) du parti Union calédonienne, des violences qui ont éclaté en Nouvelle-Calédonie le 13 mai 2024, le quinquagénaire admet : « Ce déplacement forcé, je ne souhaite à personne de le vivre. C’était la première fois que je mettais les pieds en métropole. On est forcément perdu. Humainement ce fut assez difficile. »
Entouré de ses avocats Florian Medico, François Roux et Pierre Ortet, le militant précise : « J’ai toujours contesté les charges qui me sont reprochées. Je ne me suis jamais engagé que dans le dossier politique de mon pays. » La réforme du corps électoral imposée en 2024 par l’ancien ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, juge-t-il, revenait à « défoncer à coups de rapports de force les deux accords de Matignon et de Nouméa qui ont scellé la paix » en Nouvelle-Calédonie. La démarche des indépendantistes, martèle-t-il, « était pacifique et visait à interpeller l’opinion publique française », car selon lui, l’accord de décolonisation de Nouméa de 1998, inscrit dans la Constitution française, « est sacré, irréversible, et il faut aller au bout. C’est la parole de la France ».






