Hawa Kamara, soigneuse, prend soin depuis un an d’Esther et de Rio, deux bébés chimpanzés de Tacugama. PATRICK MEINHARDT / AFP

Hawa Kamara prend soin depuis un an d’Esther et de Rio, arrivés au sanctuaire pour chimpanzés orphelins de Tacugama à l’âge de seulement 3 mois. Calés sur ses hanches, les orphelins s’agrippent à son cou dans des gestes infiniment doux, guettant avec des yeux écarquillés les cris aigus d’autres primates du site.

A Tacugama, la touffeur, la densité végétale, le crissement métallique des insectes de la précieuse forêt tropicale humide sont saisissants, dans ce pays à la biodiversité spectaculaire abritant plusieurs espèces protégées. Situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale, Freetown, au sein du Parc national de la péninsule de la région Ouest (WAP-NP), le sanctuaire accueille des chimpanzés de moins de 5 ans, dont la famille a été tuée et auxquels il faut apprendre à survivre.

Infliger un électrochoc

Ils y arrivent mal nourris, handicapés ou blessés par balle ou à la machette, traumatisés, souvent après avoir été vendus par les braconniers et gardés comme animaux domestiques dans des villages… Le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest est considéré comme une espèce « en danger critique d’extinction » par l’Union internationale pour la conservation de la nature, menacée notamment par la disparition de son habitat et le braconnage pour sa viande.