Michaël Stora, psychologue, psychanalyste et cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, à Paris, en 2019. COME SITTLER/REA

Le psychanalyste et cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines Michaël Stora est l’auteur de Réseaux (a)sociaux (Larousse, 2021). Il aborde les ressorts psychologiques des fixettes et le rôle d’Internet dans l’émergence d’obsessions contemporaines.

Qu’est-ce qu’une fixette ?

La fixette est une conduite obsessionnelle liée à un objet ou à une pratique. Elle peut avoir une dimension positive ou négative. Derrière chaque fixette, il y a une histoire personnelle, souvent marquée par une angoisse ou un traumatisme, mais parfois aussi par un élan créatif ou un besoin de reconnaissance.

Elle se situe à la frontière entre le collectionnisme – le désir d’accumulation d’objets de plus en plus rares – et la névrose obsessionnelle. Dans certains cas extrêmes, elle peut dériver vers l’érotomanie, lorsque l’obsession porte sur une personne, jusqu’au harcèlement, voire à des actes violents.