Le traité BBNJ, l’accord conclu dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale, à Nice, le 9 juin 2025. LUDOVIC MARIN / AFP

Enseignant-chercheur à Sciences Po Bordeaux et à Bordeaux Sciences Agro, Pierre Blanc est l’auteur de Géopolitique et climat (Presses de Sciences Po, 2023).

La Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC) à Nice démontre-t-elle que la diplomatie environnementale et climatique tient le choc dans un contexte de crises géopolitiques multiples (Gaza, Ukraine, Trump…) ?

Les avancées de l’UNOC 3 montrent une certaine vivacité du fonctionnement multilatéral. Soixante Etats se sont engagés dans le processus de ratification du traité sur la haute mer ou l’élargissement des aires protégées. C’est loin d’être anodin. Tout cela n’est bien sûr qu’un jalon sur un chemin long et sans doute très escarpé. La résurgence de la guerre interétatique entre l’Ukraine et la Russie, l’assaut des mouvements nationaux-populistes qui prennent les démocraties à revers, et l’incandescence identitaire dans la Corne de l’Afrique, au Sahel, au Proche et au Moyen-Orient… Le multilatéralisme est profondément bousculé par le retour du paradigme identitaire dans plusieurs endroits du monde.