Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à une séance plénière de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 11 juin 2025. RONEN ZVULUN / REUTERS

C’est son obsession. La « menace existentielle » qui pèse sur Israël n’est ni palestinienne ni arabe, selon Benyamin Nétanyahou. Elle émane de l’Iran et de son programme nucléaire. Cette idée fixe, qu’il martèle depuis son irruption sur le devant de la scène politique israélienne, au début des années 1990, est le résultat de ses convictions idéologiques, de ses calculs stratégiques, de son histoire personnelle et, comme toujours avec le premier ministre le plus longtemps en poste de l’histoire d’Israël, de ses manœuvres politiques. A tel point que l’un de ses adversaires politiques, l’ancien chef d’état-major Shaul Mofaz, qui est d’origine iranienne, a confié, en 2012, que M. Nétanyahou était animé par « une conviction messianique de bombarder l’Iran ».

L’ancien chef du Mossad Meir Dagan, en fonction de 2002 à 2010, jugeait en 2015 qu’attaquer l’Iran risquait de poser des dommages stratégiques à la sécurité d’Israël et d’accélérer la course à la bombe, de la part d’un Iran qui se sent régulièrement menacé. Mais cette vision pragmatique de la République islamique n’intéresse pas le premier ministre. Dans sa vision manichéenne d’un monde marqué par l’affrontement des civilisations, entre les régimes islamistes radicaux dits « barbares » et la « civilisation judéo-chrétienne », dont Israël serait le fer de lance, l’Iran représente d’abord l’ennemi idéal.