Le ministre de l’économie et des finances, Eric Lombard (à droite), au Sénat, à Paris le 23 janvier 2025. LUDOVIC MARIN/AFP

Le gouvernement de Michel Barnier (septembre-décembre 2024) avait marqué un changement de cap. Après la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024, le premier ministre, nommé le 5 septembre suivant, avait intégré dans son équipe dix sénateurs et sénatrices. Un fait inédit dans l’histoire de la Ve République, là où son prédécesseur Gabriel Attal (janvier-septembre 2024) avait totalement fait l’impasse sur le Palais du Luxembourg. Ils sont encore sept représentants du Sénat dans le gouvernement de François Bayrou.

Sans majorité au Palais-Bourbon, le gouvernement Bayrou, tout comme son prédécesseur avait tenté de le faire, s’appuie essentiellement sur le Sénat pour légiférer. Cela n’a pas toujours été le cas sous la présidence d’Emmanuel Macron. « Les relations étaient fraîches au premier mandat. Le gouvernement considérait que le Sénat n’était pas assez docile », reconnaît Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine et président du groupe Union centriste.

Aujourd’hui, les principaux textes viennent souvent du Sénat, de la loi sur le narcotrafic aux textes sur l’agriculture ou à la réforme de l’audiovisuel public. C’est aussi là-bas que les discussions sur le budget 2025 ont eu lieu et où se fera sans doute le budget 2026, pendant que l’Assemblée nationale risque d’être privée de débats.