Le tribunal administratif de Dijon a suspendu, mercredi 4 juin, l’arrêté contesté interdisant le drapeau palestinien pris par Gilles Platret, maire ex-Les Républicains (LR) de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

« L’arrêté porte une atteinte grave à la liberté d’expression et du commerce », a estimé le tribunal. Ce dernier avait été pris par le maire, lundi, après les « émeutes » urbaines, selon ses mots, qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions, samedi soir. « Le drapeau palestinien est devenu le signe de ralliement de bandes islamistes décidées à défier les institutions républicaines », avait alors avancé M. Platret, un ex-LR tenté, par le passé, par un ralliement à Eric Zemmour (Reconquête).

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L’arrêté interdisait le drapeau dans l’espace public sur l’ensemble de la commune, deuxième ville de Bourgogne avec 45 000 habitants environ, ainsi que sa vente sur les marchés. Le maire avait immédiatement reçu le soutien du Rassemblement national (RN) et de Reconquête.

En revanche, 200 personnes, selon la police, ont manifesté contre l’interdiction lundi soir, et Clément Mugnier, responsable du Parti socialiste (PS) chalonnais, avait déposé lundi matin un référé-liberté, arguant que l’arrêté constituait « une atteinte aux libertés ». « La liberté d’un drapeau s’inscrit dans la liberté d’expression », a défendu son avocat, Jean-Philippe Morel, mercredi devant le tribunal de Dijon, dénonçant « un coup politique » de M. Platret destiné à faire « le buzz médiatique ».