Martin Fischer ne s’est pas démonté. Lorsque Michel de Rosen, le président du conseil d’administration de Forvia, lui a proposé de prendre la direction générale du premier équipementier automobile français, cet Allemand a renoncé à sa vie américaine. Retour en Europe et à son marché sinistré : de ce côté de l’Atlantique, les ventes de voitures sont toujours 20 % au-dessous de leur niveau d’avant la pandémie de Covid-19. L’ingénieur de 54 ans, qui a pris ses fonctions le 1er mars, n’a pas pour autant perdu son optimisme. Installé au siège de Forvia, un immeuble sans ostentation, avenue des Champs-Pierreux, à Nanterre, il prend la situation avec un certain sens de l’humour.

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« J’ai travaillé à Toulouse de huit à neuf mois au début de ma carrière, raconte-t-il en français. Un jour où je râlais parce qu’on tardait à me fournir un ordinateur, un collègue m’a demandé : “Sais-tu pourquoi le coq est l’emblème de la France ?” Réponse : “Parce que même les pieds dans la merde, il chante.” » Il a retenu la leçon, affichant sa bonne humeur, à l’inverse de son prédécesseur Patrick Koller, réputé pour ses colères. Un tempérament ombrageux qui, combiné à l’effondrement du cours de Bourse, a conduit le conseil d’administration à précipiter d’un an son départ.