Vue aérienne de Tombouctou, au Mali, le 4 janvier 2022. - / AFP

Un calme précaire régnait à Tombouctou, mardi 3 juin, au lendemain d’une attaque djihadiste ayant visé un camp militaire et l’aéroport de cette ville emblématique du nord du Mali, ont affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) des habitants et une source sécuritaire. Un nouveau couvre-feu, de 21 heures à 6 heures, a été instauré par les autorités locales en lieu et place de celui en vigueur depuis 2023, qui débutait à 23 heures. Mardi, des forces de l’ordre, présentes en grand nombre, continuaient de mener des opérations de ratissage dans la ville, selon les mêmes sources.

La vie a repris, petit à petit, dans cette ville connue pour ses mausolées et inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les transports ont recommencé à circuler. « La situation est calme. Les gens vaquent à leurs occupations, mais on sent qu’ils ont toujours la peur au ventre. Cela faisait longtemps que la ville n’avait pas vécu de tels événements, ça a rappelé de mauvais souvenirs à tout le monde, parce que nous avions l’impression que les tirs étaient dans nos propres maisons », a raconté à l’AFP un responsable de la société civile. « On se dit que la situation peut dégénérer encore. On voit plus de militaires dans les rues que d’habitude. Ça nous rassure un peu, mais on a vraiment peur », a confié un autre habitant. Selon le responsable de la société civile et deux sources locales, une personne a été « lynchée puis brûlée », tandis qu’une autre a été tuée par une balle perdue.