A l’Assemblée nationale, à Paris, le 27 mai 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Sous les coups de boutoir de la droite et du Rassemblement national (RN), les députés ont approuvé, mercredi 28 mai, de nouvelles dérogations au principe de zéro artificialisation nette (ZAN), dans le cadre du projet de loi sur la simplification économique. Un nouveau revers pour la gauche sur l’écologie.

D’une courte majorité de 105 voix contre 97, l’Assemblée nationale a adopté un article permettant notamment de « dépasser jusqu’à 30 % » la limite de surfaces naturelles aménageables, et ce « sans justification ». Le dispositif ZAN a pour but de lutter contre la bétonisation des espaces naturels et agricoles.

Auparavant, la droite, le RN et une partie des macronistes avaient aussi fait passer de justesse (77 voix contre 75) un amendement excluant du décompte du ZAN les constructions reconnues par décret comme « projet d’intérêt national majeur ».

Cela revient à « vider complètement le ZAN de sa substance, et j’en suis ravi », s’est félicité l’élu (RN) Pierre Meurin. « Nous ne voulons plus du ZAN. Donc évidemment on cherche à le détricoter par tous les bouts de fil qui peuvent dépasser », a même affirmé son collègue (RN) Kevin Mauvieux. Un objectif partagé avec le député (Les Républicains) Ian Boucard, président de la commission qui a étudié le texte, et qui a revendiqué d’avoir ainsi « considérablement amenuisé le ZAN » pour « permettre d’avoir beaucoup plus de projets industriels dans notre pays ».