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elon les jours, l’Assemblée nationale est capable du meilleur comme du pire. Mardi 27 mai, une légitime émotion a accompagné le vote, en première lecture, de la proposition de loi Falorni instituant un droit à mourir dans la dignité. Sur un sujet aussi sensible, les députés, aussi divisés soient-ils, venaient de démontrer leur capacité à débattre longuement et sérieusement, au point que certains ont admis avoir changé d’avis en cours de discussion.
La veille, un piteux spectacle s’était déroulé dans la même enceinte à propos d’une autre proposition de loi qui n’a pourtant rien d’anodine puisqu’elle touche à la façon dont les agriculteurs exercent leur métier et aux répercussions que celle-ci peut avoir sur l’environnement et la santé.
Pour éviter d’avoir à affronter l’hostilité de la gauche sur ce texte, proposé par le sénateur LR Laurent Duplomb, en vue de lever les contraintes au métier d’agriculteur, la quasi-totalité des forces politiques membres du bloc gouvernemental ont, avec le soutien du Rassemblement national, décidé de se passer de débat. Elles ont voté, lundi, une motion de rejet ayant eu pour effet de renvoyer la discussion à une commission mixte paritaire qui se prononcera à huis clos, sans que l’Assemblée nationale ait pu consacrer une seule minute en séance publique à l’examen des huit articles.






