Simone Dreyfus-Gamelon, en 1987.
Morte vendredi 23 mai, quelques semaines avant ses 100 ans, Simone Dreyfus-Gamelon fait partie, avec Françoise Héritier et quelques autres, de cette génération pionnière de femmes ethnologues qui ont fait briller leur discipline dans les années d’après-guerre. Née le 5 juillet 1925, à Paris, issue d’une famille juive alsacienne émigrée dans la capitale après 1871, elle est emmenée, encore enfant, par son père en Argentine, où elle séjourne un an et demi. Elle se souvenait avec émotion de Saint-Exupéry la faisant sauter sur ses genoux à Buenos Aires. C’est peut-être ce premier voyage et l’immersion dans la langue espagnole qui lui ont donné le goût de l’Amérique latine.
Au sortir de la guerre, qu’elle passe en partie cachée dans un village d’Ardèche, elle trouve un emploi dans le cadre des « chantiers des chômeurs intellectuels », comme aide technique au département d’ethnomusicologie du Musée de l’homme. Alors qu’elle avait envisagé une carrière d’ingénieure chimiste, elle découvre l’ethnologie, d’abord sur le tas, en gérant les collections ethnomusicologiques sud-américaines, puis en suivant les enseignements de Claude Lévi-Strauss sur la parenté et de Marcel Griaule à la Sorbonne.






