Image extraite de « Resurrection », de Bi Gan. LES FILMS DU LOSANGE

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION

On a « le blues de Kaili », du nom du premier long-métrage du Chinois Bi Gan, Kaili Blues (2016), ruban de poésie avec son plan séquence de quarante et une minutes, tourné à Kaili – ville natale du réalisateur issu de la minorité Miao, dans la province reculée de Guizhou (sud-ouest de la Chine). Cette pensée nous a traversé en découvrant, jeudi 22 mai, le grandiloquent Resurrection, troisième « long » de Bi Gan qui, à 35 ans, concourt pour la Palme d’or. Toujours virtuose, le film tourne un peu à vide, avec son défilement d’images sophistiquées.

Dévoilé à Locarno, Kaili Blues actait la découverte d’un artisan-cinéaste, né en 1989, ayant tourné cette histoire d’un ex-gangster avec son oncle, un ancien petit chef de gang, qui assura aussi la sécurité d’un casino clandestin, à la frontière birmane… Son deuxième long-métrage, Un grand voyage vers la nuit (2018), sélectionné à Cannes à Un certain regard, présentait déjà les signes d’une performance un peu surfaite, loin du charme sauvage (et local) du premier, tourné au milieu des villageois intrigués.

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